Le sens de l'olfaction est prioritairement liés aux zones
cérébrales anciennes; système limbique et
paléocortex. Les informations olfactives sont de deux natures
celles qui sont perçues consciemment et celles qui, sans
l'être, influencent pourtant nettement notre comportement.
Rappelons à cet égard l'expérience montrant des
femmes introduites, à tour de rôle, dans une salle
d'attente s'asseyant quasi systématiquement sur l'unique
chaise marquée, à leur insu, de phéromones
masculines, les hommes soumis aux mêmes conditions choisissant,
eux, le siège le plus éloigné du marquage.
Phénomène troublant qui nous rappelle que, même
hors concept d'inconscient freudien, la cause de nos actes peut
s'avérer inaccessible; la conscience de soi ne concerne qu'une
partie de notre être. Ne commence-t-on pas à
reconnaître que le nez est déterminant dans le choix du
partenaire amoureux? Le caractère autonome de cette
"animalité" joint au fait que les odeurs perçues dans
le champ de notre intelligence sont elle même difficile
à nommer nous pousse culturellement à nous confiner
dans la vue et l'ouïe, sens d'une "néocorticalité"
apparemment plus maîtrisables. Éduquer ce sens
délaissé implique, face à une énorme
quantité d'information liée à la nature chimique
de notre environnement de quitter l'hédonisme passif qui
consiste, en l'occurrence, à n'attendre d'une odeur que
plaisir ou dégoût. Il est à noter qu'une approche
des odeurs uniquement rationnelle, quantifiable, scientifiquement
confortable s'avère impossible, hors laboratoire, pour deux
raisons: D'une part le nombre et la complexité d'arrangement
des constituants moléculaires de la plupart des corps odorants
de notre environnement est telle qu'il est vain de tenter de
discriminer et classer les odeurs uniquement par leur composants
chimiques ( une rose est constituée de plusieurs centaines de
molécules différentes), d'autre part, sur le plan
physiologique, les chémorécepteurs
spécialisés répondant aux différentes
molécules marquent de notable différences d'un individu
à l'autre; pour un groupe humain, l'évaluation des
odeurs est en partie affaire de statistiques.
Principe élémentaire: Chaque substance odorante est
décrite par une étiquette qui reprend 25 valeurs ou
critères codifiés de manière à être
rapidement appréhendés par l'oeil. Outre le
caractère factuel rigoureux que revêtent la plupart des
critères représentés, la finalité de la
présente "méthode d'initiation", se réclamant en
cela d'une logique psychanalytique, vise également à
dégager la nature des liens symboliques qui attache l'individu
à son environnement olfactif. C'est en nommant le maximum de
référents concernés que se réinstallera
la trame émotionnelle assurant pour l'olfaction en friche le
même état ludique et créatif qui a permis
l'ouverture au monde par les autres sens.
Le code sémiotique INSPIR -
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